Préparer un premier 10 km, je n’y pensais plus vraiment depuis six semaines – le temps que mon kinésithérapeute m’autorise à reprendre la course après une aponévrosite plantaire qui m’a mis à l’arrêt en pleine phase d’entraînement. Pas de dossard réservé, pas de chrono à battre pour l’instant : juste l’envie de repartir sans refaire l’erreur qui m’a stoppé la première fois. Cette fois, je pars d’un peu plus loin que pour mes débuts en running – et c’est peut-être ce qui va m’obliger à bien faire les choses.
L’aponévrosite plantaire, le coup d’arrêt
Une douleur sourde sous le talon, puis sous la voûte plantaire au réveil – c’est comme ça que ça a commencé, sans événement particulier que je puisse pointer du doigt. Le diagnostic du kiné a été rapide : une aponévrosite plantaire, cette inflammation du tissu qui relie le talon aux orteils, fréquente chez les coureurs qui augmentent leur volume un peu trop vite. Le genre de blessure que j’évoquais déjà dans mon article sur les débuts en running, sans imaginer qu’elle allait un jour m’arrêter concrètement.
Le nombre de séances de kinésithérapie nécessaires pour en venir à bout m’a surpris – bien plus long qu’une simple entorse ou qu’un claquage passager. Le fascia plantaire cicatrise lentement, et le kiné a été clair dès la première séance : la patience compte plus que n’importe quel étirement ou massage. Le vrai test n’était pas de ne plus avoir mal en marchant, mais de ne plus rien sentir du tout, même après une séance de course.
La reprise sans impact : marche et vélo d’appartement
Pendant les soins, impossible de courir – mais impossible aussi de rester totalement immobile sans perdre toute la condition physique gagnée les mois précédents. Le compromis trouvé avec le kiné : une marche de 30 minutes, trois fois par semaine, et du vélo d’appartement les autres jours. Deux activités qui sollicitent le cardio et les jambes sans impact au sol – exactement ce qu’il fallait pour laisser le fascia plantaire cicatriser sans tout perdre du travail déjà fait. Garder le corps actif sans reproduire l’impact qui a causé la blessure – c’est ce compromis, plus que le repos total, qui a permis de repartir sans tout reperdre.
Reprendre la course sans se reblesser
Le feu vert du kiné n’a rien d’un blanc-seing pour repartir comme avant. Les deux règles que j’appliquais déjà en tant que débutant – ne pas augmenter son volume de plus de 10 % par semaine (un principe de progressivité aussi recommandé par l’Assurance Maladie pour limiter les rechutes), et ralentir dès qu’on ne peut plus tenir une conversation en courant – deviennent encore plus strictes après une blessure. J’ajoute une troisième règle, propre à cette reprise : la moindre gêne sous le pied, même légère, et je m’arrête. Pas de bravade, pas de « ça va passer » – c’est exactement ce raisonnement qui m’a coûté six semaines d’arrêt la première fois.
Garder le corps actif sans reproduire l’impact qui a causé la blessure – c’est ce compromis, plus que le repos total, qui a permis de repartir sans tout reperdre.
S’entraîner en pleine canicule avec un enfant à occuper
Reprendre doucement, c’est une chose. Le faire avec les fortes chaleurs de cet été et un enfant de 8 ans à occuper en est une autre. Mes seules fenêtres réalistes se situent tôt le matin, avant que la chaleur ne s’installe et avant que la maison ne se réveille – une contrainte qui, finalement, tombe plutôt bien pour respecter la prudence imposée par le pied. Je cours dans le parc de la ville plutôt que sur le bitume : un terrain plus souple, à l’ombre des arbres, et assez sécurisé pour laisser mon fils profiter des jeux pendant que je boucle mes tours.
L’hydratation devient un sujet à part entière dès que le mercure grimpe – je pars désormais avec de l’eau même pour une sortie de 20 minutes, ce que je ne faisais jamais avant la blessure. Et je surveille la fraîcheur relative du parc : les allées ombragées près des grands arbres restent nettement plus supportables que les zones dégagées en plein soleil, surtout passé 9 heures du matin. Un détail qui compte double avec un pied encore fragile – la chaleur fatigue plus vite, et un corps fatigué encaisse moins bien l’impact de la course.

Le plan que je suis pour préparer un premier 10 km
Contrairement à un plan de débutant classique, celui-ci part d’une base déjà acquise mais fragilisée – l’objectif est de reconstruire le volume progressivement, en gardant un œil constant sur le pied plutôt que sur le chrono.
| Semaines | Volume de course | Point de vigilance |
|---|---|---|
| 1-2 | 3 séances de 20 min, allure conversation | Aucune douleur sous le pied, sinon retour au vélo |
| 3-4 | 3 séances de 25 à 30 min | Introduire une légère variation de terrain |
| 5-6 | 2 séances de 30 min + 1 sortie longue de 40 min | Surveiller la récupération le lendemain matin |
| 7-8 | 1 sortie longue de 50 à 60 min + séances courtes | Objectif : boucler 10 km sans douleur, peu importe le temps |
Je m’appuie sur ma montre Huawei GT pour suivre ma fréquence cardiaque et mon allure sur les boucles du parc – moins pour viser une performance que pour repérer un signal d’alerte avant qu’il ne devienne une douleur. Les zones cardiaques intégrées dans l’application Huawei Health m’aident à rester dans une allure raisonnable, celle où je peux encore tenir une conversation, comme je le racontais dans mon article sur ma montre connectée.
Pour l’instant, pas de dossard, pas de date
Je n’ai pas encore de course inscrite au calendrier, et je préfère ça – la seule échéance qui compte est de préparer un premier 10 km sans que le pied ne reparle. Si la reprise se passe comme prévu, je reviendrai raconter ici comment s’est passée l’arrivée. Pour l’instant, direction le parc, tôt le matin, avant que la chaleur et un enfant de 8 ans ne réclament leur dû.
Si vous démarrez tout juste la course à pied, mes conseils pour débuter la course à pied restent la meilleure porte d’entrée. Et si comme moi vous jonglez entre sport et enfant en pleine canicule, mes idées pour occuper un enfant pendant la canicule peuvent aussi vous servir.
Combien de temps faut-il pour préparer un premier 10 km après une blessure ?
Comptez au moins 8 semaines de reprise progressive après une aponévrosite plantaire, en partant d’un volume de course réduit et en respectant la règle des 10 % d’augmentation hebdomadaire. Le délai exact dépend surtout de la disparition complète de la douleur, pas d’un calendrier fixé à l’avance.
Comment savoir si l’aponévrosite plantaire est en train de revenir ?
La douleur caractéristique réapparaît sous le talon ou la voûte plantaire, souvent plus marquée le matin ou après une séance. Au moindre signal, mieux vaut revenir à la marche ou au vélo d’appartement quelques jours plutôt que d’insister.
Peut-on s’entraîner pour un 10 km en pleine canicule ?
Oui, à condition d’adapter les horaires – tôt le matin ou en soirée – et le terrain, en privilégiant l’ombre d’un parc plutôt que le bitume en plein soleil. L’hydratation et une allure encore plus prudente que d’habitude comptent aussi plus que la performance.