Passer une demi-journée à Trentemoult en famille, c’est traverser la Loire pour se retrouver, en quelques minutes, dans un ancien village de pêcheurs aux façades roses, bleues et rouges, à un jet de pierre de Nantes. Nous y sommes allés un après-midi de juillet, à trois, avec notre fils de cinq ans et demi. Trois heures plus tard, il parlait encore des dessins peints sur les murs.
Trentemoult, un village dans la ville
Trentemoult est un quartier de Rezé, posé sur la rive sud de la Loire, juste en face de Nantes. Le lieu a longtemps vécu de la pêche et de la navigation : il avait sa Grand’Rue, son blason, sa vie à part, comme une petite ville indépendante. Au XIXe siècle, les capitaines au long cours — les cap-horniers — y ont fait bâtir des maisons plus hautes, entourées de jardins où poussent encore des plantes rapportées de leurs voyages.
Les maisons sont étroites et montent sur trois niveaux, une manière de composer avec les crues du fleuve, les greniers communiquant parfois d’une habitation à l’autre. Quant aux couleurs, la tradition veut qu’elles viennent des restes de peinture des coques de bateaux, que les habitants passaient sur leurs façades. Aujourd’hui, les ruelles débordent de fleurs, les chats dorment sur les murets et les artistes ont remplacé les marins.
Y aller : en voiture ou en Navibus
Nous sommes venus en voiture, une quinzaine de minutes depuis le centre de Nantes. Se garer reste faisable si on ne craint pas de s’engager dans de petites rues étroites ; il existe aussi les parkings du Port, de la Place des Filets et de Codet, mais ils se remplissent vite les soirs d’été et le week-end.
L’autre solution, c’est le Navibus, la navette fluviale qui part de la Gare Maritime de Nantes : une traversée de quelques minutes, des départs fréquents en journée, au prix d’un simple ticket de tram. C’est sans doute ce que nous ferions la prochaine fois — pour la traversée elle-même, que les enfants adorent, et pour éviter de tourner en quête d’une place. Pensez à vérifier les horaires du Navibus avant de partir, les derniers bateaux du soir passent tôt.
Se perdre dans les ruelles
C’est le cœur de la visite, et il n’y a rien à réserver ni à payer : on tourne au coin d’une venelle et on se laisse surprendre. Nous avons marché environ deux heures sans itinéraire, entre les jardins débordants, les façades peintes et le street art qui surgit là où on ne l’attend pas. Sur un mur, un zèbre en pochoir dont une passante étend les rayures sur un fil à linge ; sur un autre, une grande fresque de bateau pirate voguant au milieu des oiseaux.
Notre fils s’est inventé tout seul un jeu de piste : repérer le prochain dessin, la prochaine porte bariolée, le prochain chat endormi. Il n’a pas vu passer les deux heures. Trentemoult cultive aussi un humour discret, glissé sur les murs, comme ce message tracé à la peinture blanche sous une fenêtre :
Nous sommes otages à Trentemoult depuis… S.V.P. prévenez nos familles !

Si vous prolongez de quelques minutes vers l’ouest, vous tomberez sur Le Pendule, une œuvre de l’artiste suisse Roman Signer : un balancier de sept mètres suspendu à un ancien bâtiment, qui oscille sans jamais s’arrêter.
Déjeuner sur les quais, face à Nantes
Le long du quai, les guinguettes et les cafés alignent leurs terrasses face au fleuve. C’est là que nous avons déjeuné, avec vue sur l’Île de Nantes et les grandes grues jaune et grise des anciens chantiers navals. L’été, mieux vaut réserver ou arriver tôt : les tables du bord de l’eau partent vite.
Pour un enfant de cinq ans, ce repas au bord de la Loire se tient tout seul : il y a les bateaux qui passent, les mouettes, les grues à commenter. Personne n’a eu le temps de s’ennuyer.
Nos conseils pour visiter Trentemoult en famille
Quelques repères pour organiser votre demi-journée :
- Durée : une demi-journée suffit. Trois heures nous ont largement occupés avec un jeune enfant ; comptez une grosse demi-journée pour déjeuner sans se presser et pousser jusqu’au Pendule.
- Quand : le matin ou en semaine pour avoir les ruelles à soi. Le samedi matin, un petit marché bio anime le village.
- Poussette : les ruelles sont pavées et resserrées, un porte-bébé est plus pratique pour les tout-petits.
- Chaussures plates : les pavés sont partout.
- Budget : la balade et la traversée en Navibus, c’est à peu près tout ce que ça coûte.
- À combiner : avec une journée à Nantes en famille, en passant sur l’autre rive en fin d’après-midi. Pour rester au vert, on a aussi réuni cinq sorties nature en famille en Loire-Atlantique.
Comment aller à Trentemoult depuis Nantes ?
En voiture, comptez une quinzaine de minutes depuis le centre de Nantes, avec un stationnement parfois serré dans les petites rues du village. Le plus simple reste le Navibus, la navette fluviale qui relie la Gare Maritime de Nantes à Trentemoult en quelques minutes, au prix d’un ticket de tram.
Combien de temps prévoir pour visiter Trentemoult en famille ?
Une demi-journée suffit. Trois heures permettent de flâner dans les ruelles, de regarder les façades peintes et de déjeuner sur les quais. En prenant le temps d’un vrai repas et d’un détour par Le Pendule, comptez une grosse demi-journée.
Que faire à Trentemoult avec des enfants ?
Parcourir les ruelles comme un jeu de piste à la recherche des fresques, des pochoirs et des chats, prendre le Navibus pour la traversée, et déjeuner sur une terrasse du quai face aux bateaux et aux grues de l’Île de Nantes. Tout se fait à pied et gratuitement.
Pourquoi les maisons de Trentemoult sont-elles colorées ?
La tradition veut que les habitants, anciens pêcheurs et marins, aient peint leurs façades avec les restes de peinture utilisés pour les coques des bateaux. Les couleurs vives sont restées la signature du village.
Une demi-journée à Trentemoult en famille, qu’on arrive en voiture ou par le fleuve, aura suffi pour que le village entre dans la mémoire de notre fils sous le nom de « village des maisons peintes ». La prochaine fois, ce sera par le Navibus, pour voir Nantes s’éloigner lentement derrière le bateau.