Photographier les Perséides cette année tombe sur une configuration que je ne reverrai pas de sitôt : le pic de cette pluie d’étoiles filantes, dans la nuit du 12 au 13 août 2026, coïncide avec une nouvelle lune. Concrètement, aucune clarté lunaire ne viendra écraser les météores les plus faibles – le ciel sera aussi noir qu’il peut l’être. Cette même journée du 12 août accueille aussi l’éclipse solaire partielle que je comptais déjà photographier avec mon Canon 600D (voir mon article sur le sujet, plus bas). La soirée se prolonge donc naturellement en session d’observation nocturne.
Cette fois, pas de reflex ni de trépied de professionnel : mon choix s’est porté sur un smartphone, plus précisément sur l’iPhone 15 Pro de mon beau-fils – à condition qu’il daigne me le confier ce soir-là. Voici comment je prépare cette nuit-là, réglages et matériel réels à l’appui – je reviendrai compléter cet article avec les vraies photos une fois la nuit passée.
Pourquoi la nuit du 12 août 2026 est si particulière
Les Perséides atteignent leur maximum d’activité dans la nuit du 12 au 13 août, avec une fenêtre optimale située entre 3h et 5h du matin. Sous un ciel bien noir, il est possible d’observer entre 60 et 100 météores par heure. Cette année, la nouvelle lune retire la pollution lumineuse naturelle qui, d’ordinaire, écrase une partie du spectacle.
Les nuits du 11 au 15 août restent également actives, ce qui laisse une marge si la météo ne coopère pas le soir du jour J. Les météores semblent provenir d’un point du ciel appelé le radiant, situé dans la constellation de Persée, au nord-est – même si en pratique, ils peuvent traverser n’importe quelle portion du ciel.
Ces traînées lumineuses ne sont pas des étoiles au sens propre, mais des grains de poussière laissés par la comète 109P/Swift-Tuttle. Chaque année, la Terre traverse cette traînée de débris, et les particules se consument en entrant dans l’atmosphère à près de 60 km/s. C’est ce qui donne ces traits brefs et brillants, parfois suivis d’une traînée persistante de quelques secondes – le genre de détail qui, sur une photo, distingue une vraie Perséide d’un simple avion ou satellite.
Mon matériel : l’iPhone 15 Pro de mon beau-fils
Mon choix s’est porté sur l’iPhone 15 Pro de mon beau-fils plutôt que sur mon propre iPhone 13. Sur le papier, l’écart se joue surtout sur le mode Nuit : capteur principal plus récent, poses plus longues possibles en environnement très sombre, et un traitement d’image qui gère mieux le bruit numérique qu’un modèle plus ancien.
Reste un détail qui ne dépend pas que de moi : il faudra encore que mon beau-fils accepte de le laisser passer une nuit entière dehors, loin de toute prise pour le recharger – rien n’est jamais totalement acquis d’avance sur ce point. Je n’ai testé ni l’appareil ni ces réglages sur un ciel sans lune – cet article reste donc une préparation, pas un retour d’expérience. Je compléterai avec les vraies photos une fois la nuit du 12 août passée.
Les réglages que je vais utiliser pour photographier les Perséides
Mode Nuit natif de l’iPhone en priorité, format Apple ProRAW activé, objectif principal (pas l’ultra grand-angle), mise au point manuelle sur l’infini, pose de 20 à 30 secondes, retardateur de 5 à 10 secondes, et un trépied solide – non négociable. NightCap Camera reste une option si j’ai le temps sur place.
Mon plan de base, c’est l’appareil photo natif de l’iPhone et son mode Nuit – le plus simple à utiliser en pleine nuit, sans réglage à chercher au dernier moment. Si j’ai le temps sur place, je testerai aussi NightCap Camera, une application avec un mode dédié aux météores et un contrôle manuel de l’exposition, de l’ISO et de la mise au point – mais rien n’est certain, l’appareil natif n’offre pas ce niveau de contrôle. Quelques principes que je garde en tête, avec l’un ou l’autre :
- Activer le format Apple ProRAW dans les réglages avant de sortir – disponible sur l’iPhone 15 Pro, il capture plus de détails et laisse une vraie marge pour retravailler l’exposition et le bruit après coup, directement avec l’appareil natif
- Utiliser l’objectif principal, pas l’ultra grand-angle – son ouverture plus sombre dégrade nettement les photos de nuit
- Avec NightCap : démarrer autour de 800 ISO et ajuster par essais successifs – au-delà, le bruit numérique dévore les détails sur un capteur de smartphone. Avec le mode Nuit natif, l’iPhone ajuste ça tout seul, sans réglage possible de mon côté
- Faire la mise au point manuellement sur un point lumineux lointain, faute de lune ce soir-là, puis verrouiller pour ne plus y toucher
- Viser une exposition longue, 20 à 30 secondes, pour donner une chance aux traînées lumineuses d’apparaître
- Déclencher avec un retardateur de 5 à 10 secondes ou une télécommande, pour ne pas transmettre de vibration à l’appui
- Laisser la stabilisation d’image activée – contrairement à un reflex sur trépied, elle ne pose pas de problème sur smartphone
Le détail qui change tout reste le trépied : un modèle solide, pas un trépied selfie trop léger qui bougera au moindre souffle de vent. Sur une pose de 20 secondes, la moindre vibration ruine l’image.

Sur une pose de 20 secondes, la moindre vibration ruine l’image.
Où et quand me placer pour un ciel sans lumière parasite
Le lieu compte au moins autant que le réglage. Je compte utiliser la carte de pollution lumineuse lightpollutionmap.info pour repérer un point sombre à une distance raisonnable de chez moi, loin des lampadaires et des zones habitées. Une application comme Stellarium permet aussi de repérer où se lève la constellation de Persée, au nord-est, pour orienter le cadrage sans deviner à l’oeil. Je compte m’installer entre 23h et l’aube, avec un objectif réaliste sur la fenêtre 3h-5h du matin, moment où l’activité est la plus forte.
Le confort compte aussi, même si ça n’a rien à voir avec le réglage de l’appareil. Les nuits d’août peuvent être fraîches une fois loin de la chaleur urbaine : je prévois des vêtements chauds, une boisson chaude, et si possible de quoi m’asseoir confortablement plutôt que de rester debout pendant des heures.
Côté matériel, je pars aussi avec une batterie externe et de quoi vider de l’espace de stockage avant de partir. Un fichier ProRAW pèse largement plus qu’une photo classique – facilement 25 à 75 Mo pièce – et ça remplit un téléphone bien plus vite qu’on ne l’imagine sur toute une nuit de prises de vue. Rien de pire que de voir la mémoire se boucher en pleine nuit, au moment où une belle traînée traverse enfin le cadre.
Je referme cet article tel qu’il est écrit : avant la nuit du 12 août, sans une seule photo à montrer pour l’instant. Je préfère de toute façon repartir avec deux ou trois photos honnêtes plutôt qu’avec zéro parce que j’aurai passé la nuit à trop régler – je reviendrai compléter ces lignes avec les vraies images et ce qui aura vraiment fonctionné une fois la nuit passée.
En attendant, si vous débutez la photo de nuit sans matériel spécifique, mes réglages pour réussir une photo de nuit sans trépied restent une bonne porte d’entrée. Et si l’éclipse solaire du même 12 août vous intéresse aussi, j’explique comment je compte la photographier sans abîmer mon appareil.
Faut-il un trépied pour photographier les Perséides au smartphone ?
Oui, quasiment indispensable. Une exposition longue de 20 à 30 secondes ne pardonne aucune vibration – un trépied solide, pas un modèle selfie trop léger, fait toute la différence entre une photo nette et un flou inexploitable.
Quelle est la meilleure heure pour observer les Perséides le 12 août 2026 ?
La fenêtre optimale se situe entre 3h et 5h du matin, quand le radiant est le plus haut dans le ciel. L’observation reste possible dès la tombée de la nuit, mais l’activité est la plus forte en seconde partie de nuit.
Peut-on photographier les étoiles filantes sans application tierce ?
C’est possible avec le mode Nuit natif de l’iPhone, mais sans contrôle manuel de l’ISO ni de la mise au point, les résultats restent aléatoires. Une application comme NightCap Camera, avec son mode dédié aux météores, donne beaucoup plus de contrôle.