Notre Portugal en famille est de ces voyages qui s’imposent presque naturellement, portés par l’envie de retrouver une lumière qu’on devine déjà chaude et un accent qu’on aime entendre traîner en fin de phrase. Il y a des séjours qu’on planifie pendant des mois, et d’autres qui arrivent comme une évidence : celui-ci appartenait clairement à la deuxième catégorie. Nous sommes partis de Nantes fin juillet de l’année dernière, à quatre : ma femme, mon beau-fils qui avait alors une vingtaine d’années, notre fils de huit ans et moi. Huit jours nous attendaient entre Lisbonne, les collines de Sintra et les criques dorées de l’Algarve. Huit jours qui ont fini par peser bien plus lourd dans nos souvenirs que dans notre agenda. Des ruelles où l’on se perd volontairement, des palais qui changent de couleur selon l’heure, une balade en bateau que notre fils raconte encore aujourd’hui à qui veut l’entendre. Ce n’était pas notre premier grand voyage en famille : après notre séjour à Séville l’année précédente, nous retrouvions avec plaisir cette énergie particulière des voyages à l’étranger. Une énergie bien différente de nos escapades plus locales, comme notre week-end en Loire-Atlantique.

Portugal en famille : vue panoramique sur Lisbonne depuis le Castelo de São Jorge, avec le pont 25 de Abril en arrière-plan

Ce que j’aime raconter d’un voyage, ce n’est jamais la liste des monuments cochés un par un. C’est plutôt ce résidu tenace qui reste une fois rentré : une odeur de pastéis de nata encore tiède, la sensation d’un embouteillage interminable sous le soleil, un petit chemin trouvé par hasard qui a sauvé notre après-midi. C’est cette matière-là que je vous propose aujourd’hui.

Lisbonne, trois jours suspendus dans l’Alfama

Ce début de Portugal en famille a pris ses quartiers dans un Airbnb niché en plein cœur de l’Alfama, le quartier le plus ancien de Lisbonne. Un endroit où les ruelles grimpent et redescendent sans logique apparente, où le linge sèche encore aux fenêtres et où l’on croise plus de chats que de voitures. Ce choix s’est révélé, avec le recul, l’une de nos meilleures décisions : tout se faisait à pied, sans avoir à réfléchir à un plan de transport, sans horaire à respecter. Nous sortions, nous marchions, nous revenions quand l’envie ou la fatigue nous le dictait.

Je ne vais pas vous mentir. Le soir, après une journée entière à crapahuter dans les pentes de l’Alfama, il nous est arrivé plus d’une fois de craquer pour un Uber. Remonter à pied jusqu’au logement n’avait alors plus rien de tentant. Quelques euros à peine – et honnêtement, ça n’a pas de prix quand on a les jambes en compote et un enfant de huit ans qui traîne des pieds en réclamant son lit.

Les miradouros : deux ambiances, deux Lisbonne

Lisbonne se regarde autant qu’elle se visite, et ses miradouros – ces terrasses panoramiques disséminées sur les collines – en sont la meilleure preuve. Nous en avons fait deux, volontairement différents. Le premier, le miradouro de Senhora do Monte, est le plus connu : on y grimpe en fin de journée, on s’assoit sur le muret, et on regarde la ville entière s’étaler jusqu’au Tage pendant que le ciel change de couleur. Beaucoup de monde, beaucoup de téléphones levés – mais le spectacle vaut largement la foule.

Le second, le miradouro de Santa Luzia, est plus modeste en taille mais tout aussi marquant en émotion. Beaucoup moins touristique, enveloppé de bougainvilliers et de tonnelles, il offre une vue tout aussi belle sur les toits orangés de l’Alfama et le fleuve au loin, mais dans une atmosphère bien plus intimiste. Si vous ne devez en choisir qu’un pour échapper à la foule, c’est celui-ci.

Famille sous la tonnelle du miradouro de Santa Luzia, avec vue sur les toits de l'Alfama à Lisbonne

Nous avons complété ces panoramas par un rooftop moins connu des guides touristiques classiques : le TOPO Martim Moniz. Perché en hauteur, il offre une vue dégagée sur la ville et ses collines environnantes, avec l’avantage d’être nettement plus calme que les miradouros historiques. Un bon endroit pour souffler un peu avec un verre à la main, pendant que les enfants regardent le soleil descendre.

Montage photo depuis le rooftop TOPO Martim Moniz à Lisbonne : vue sur la ville, cocktail et planche apéritive

Belém : monastère, jardin et une pause bien méritée

Nous avons consacré une demi-journée à Belém, le quartier chargé d’histoire d’où sont partis les grands navigateurs portugais. Nous sommes passés devant la Torre de Belém, silhouette blanche posée sur l’eau avec ses détails sculptés typiques du style manuélin. Elle était malheureusement recouverte d’échafaudages au moment de notre passage : nous n’avons donc pas pu l’admirer dans de bonnes conditions ni la visiter de l’intérieur. Une bonne raison d’y retourner un jour.

Juste à côté, le Mosteiro dos Jerónimos nous a littéralement laissés bouche bée. Le cloître est d’une finesse rare, chaque colonne semble sculptée à la main avec une patience infinie, et l’ensemble dégage une majesté qu’aucune photo ne rend vraiment justice. Nous avons pris notre temps pour en faire le tour, ce qui n’est pas toujours simple avec un enfant de huit ans. Celui-ci s’est pourtant laissé surprendre par la beauté du lieu autant que nous.

Nous avons enchâîné avec le Jardim Botânico Tropical, un jardin public paisible juste à côté, parfait pour souffler après la visite du monastère. De grandes allées ombragées, des essences exotiques rapportées des anciennes colonies portugaises, un calme bienvenu après la densité du monument précédent.

C’est en sortant de ce jardin, encore imprégnés de cette parenthèse verte, que nous avons fait notre halte pastéis de nata du séjour. Et pas n’importe laquelle : la version originale, à la célèbre pâtisserie historique de Belém, réputée à juste titre pour sa file d’attente qui peut décourager les plus patients. En arrivant vers 15 heures, la queue extérieure serpentait effectivement sur le trottoir sur plusieurs dizaines de mètres.

Mais nous avions repéré une astuce en amont. Il est tout à fait possible d’entrer directement dans la grande salle intérieure de l’établissement, plutôt que de patienter dehors pour une commande à emporter. Cette salle, immense, accueille surtout des habitués portugais et bien moins de touristes pressés. Le service y est nettement plus rapide. Nous étions assis à une table, un café et une pâtisserie encore tiède devant nous, en cinq à dix minutes à peine. La file extérieure, elle, ne semblait pas vraiment avancer. Un souvenir qui reste, autant pour le goût que pour le moment.

Nous avons complété cette journée lisboète avec un tour en tram 28, l’incontournable qui grince et cahote à travers les quartiers historiques. Puis une balade jusqu’à la Praça do Comércio, la grande place ouverte sur le Tage, et l’Arc de Triomphe qui marque l’entrée de la Rua Augusta. Nous nous sommes ensuite volontairement perdus dans les ruelles alentour, sans plan précis – c’est souvent là que Lisbonne se révèle le mieux.

C’est dans ce secteur que nous sommes tombés sur l’Elevador de Santa Justa, cet ascenseur métallique néogothique qui grimpe depuis la Baixa. Il débouche sur une plateforme d’observation offrant une vue superbe sur les toits du centre-ville et le Castelo de São Jorge au loin. La file d’attente pour monter dans l’ascenseur lui-même était longue, et l’accès payant. Mais il existe une alternative bien plus simple. En empruntant les petites ruelles situées juste derrière et en montant quelques escaliers à pied, on rejoint directement la même plateforme panoramique, gratuitement et sans attendre. Le même point de vue, sans la queue.

Notre bonne adresse à l’Alfama

Un soir où nous cherchions un endroit pour dîner, nous nous sommes volontairement perdus dans les ruelles de l’Alfama, sans idée précise. C’est ainsi que nous sommes tombés sur O Barracão de Alfama, un petit restaurant discret, presque désert. Tenu par une propriétaire adorable, qui a fait l’effort de nous parler en français malgré une maîtrise limitée de la langue. Cuisine généreuse, ambiance chaleureuse, aucune trace de touriste pressé. C’est exactement le genre d’adresse qu’on ne trouve jamais en cherchant sur internet – seulement en acceptant de se perdre un peu.

Sintra : un palais coloré et un sentier qui nous a sauvés

Notre Portugal en famille s’est poursuivi à Sintra, cette petite ville nichée dans les collines et connue pour ses palais extravagants, à une petite demi-heure de train de Lisbonne. Direction le Palácio da Pena, véritable explosion de couleurs – jaune vif, rouge profond, tourelles et créneaux qui semblent tout droit sortis d’un conte. Pour la montée jusqu’au palais, nous avons réservé un Uber : les petites navettes touristiques locales pratiquent des tarifs qui frôlent l’indécence en haute saison.

Le Palácio da Pena à Sintra, palais coloré aux tourelles jaunes et rouges

Ce jour-là, la montée ne s’est pas déroulée exactement comme prévu. Notre chauffeuse – une Uber très patiente – s’est retrouvée bloquée avec nous dans un embouteillage monumental sur la route qui grimpe vers le palais. Ce qui devait durer un quart d’heure s’est transformé en une heure et demie coincés dans la voiture, sous la chaleur. Un enfant de huit ans qui commence sérieusement à s’impatienter, ça n’aide pas. Nous lui avons laissé un pourboire un peu plus généreux que d’habitude pour la remercier de sa patience – elle aussi avait clairement hâte d’arriver.

Une fois sur place, la visite du Palácio da Pena a effacé toute trace d’agacement : les jardins, les terrasses, la vue qui s’étend jusqu’à l’océan par temps clair. Nous avons également visité la Quinta da Regaleira, un domaine tout aussi fascinant, connu pour son fameux puits initiatique. Une structure circulaire vertigineuse dans laquelle on descend en spirale, entourée de mousse et de pierre humide, jusqu’à un souterrain qui débouche sur un jardin caché. Ce genre d’endroit qu’on voit défiler sur les réseaux sociaux depuis des années, et qui impressionne tout autant en vrai.

Le sentier qui a sauvé notre après-midi

C’est en sortant du Palácio da Pena que nous avons vécu l’un des meilleurs moments improvisés du voyage. Nous n’avions absolument rien anticipé pour la descente, et nous nous voyions déjà refaire la queue pour un Uber hors de prix. Mais en sortant, plutôt que de suivre la route principale empruntée par les voitures, nous avons repéré un petit chemin sur la droite : le Parque das Merendas.

Ce sentier, aménagé avec soin, serpente à travers la végétation et offre une vue sur le Castelo dos Mouros, perché sur la colline d’en face. Il redescend ensuite progressivement jusqu’au centre-ville de Sintra et sa gare. Nous n’avons pas regretté un seul instant ce choix : malgré les kilomètres et la chaleur, notre fils a adoré cette marche improvisée, bien plus que le trajet en voiture initial. Parfois, les meilleurs souvenirs de voyage naissent d’un imprévu qu’on transforme en aventure plutôt que de la contrarieté qu’on aurait pu en faire.

Sentier ombragé sous une pergola dans le Parque das Merendas, descente à pied depuis le Palácio da Pena vers Sintra

Cap au sud : le pont qui rappelle San Francisco et le Christ qui veille sur le Tage

Entre les deux volets de ce Portugal en famille, la route entre Lisbonne et l’Algarve nous a offert une pause inattendue. Nous nous sommes arrêtés le temps d’admirer le Ponte 25 de Abril, cette structure rouge suspendue au-dessus du Tage qui ressemble à s’y méprendre au Golden Gate de San Francisco. La comparaison est tellement frappante qu’on a du mal à croire qu’elle soit fortuite. Juste après avoir franchi le pont, nous avons fait une seconde halte pour découvrir le Cristo Rei. Cette statue du Christ Roi domine le fleuve depuis l’autre rive, bras ouverts sur la ville. La vue sur Lisbonne depuis ce point est saisissante, et vaut largement le petit détour.

Parfois, les meilleurs souvenirs de voyage naissent d’un imprévu qu’on transforme en aventure plutôt que de la contrarieté qu’on aurait pu en faire.

L’Algarve : plages, criques et une balade en bateau inoubliable

La deuxième moitié de notre Portugal en famille s’est jouée en Algarve. Nous sommes arrivés à Olhão le 2 août, dans un Airbnb très agréable doté d’un rooftop ensoleillé, où nous avons passé plusieurs soirées à refaire la journée en regardant le ciel s’assombrir. Contrairement à Lisbonne, la voiture s’est révélée indispensable ici – même pour circuler d’un point à l’autre à l’intérieur de la ville d’Olhão.

Une aventure de location de voiture à ne pas reproduire

Avant même de profiter du paysage, nous avons vécu un petit épisode qui mérite d’être partagé, car il peut vous éviter une mauvaise surprise. Nous avions réservé notre véhicule chez Europcar, mais via une autre plateforme de réservation en ligne plutôt que directement sur leur site.

Bon à savoir : réserver une voiture via une plateforme tierce

Chez Europcar directement, un léger retard à l’agence ne pose généralement aucun problème – votre véhicule vous attend. Mais lorsque la réservation passe par une plateforme intermédiaire, la règle change du tout au tout. Passé un délai d’une heure de retard sans prévenir, l’agence considère que vous ne viendrez pas et reloue votre véhicule à quelqu’un d’autre. C’est exactement ce qui nous est arrivé – nous ignorions totalement cette règle. Sur place, l’employé nous a annoncé que notre voiture avait été relouée entre-temps. Heureusement, il parlait un très bon français, ce qui a grandement facilité les explications dans le feu de l’action. Il s’est cependant démené pour nous trouver un autre véhicule à un prix préférentiel. Comptez tout de même une heure à une heure et demie de flottement si la même mésaventure vous arrive. La leçon à retenir : en cas de retard, mieux vaut toujours prévenir l’agence, même via une plateforme tierce.

Benagil vue depuis l’eau

Le moment fort du séjour, sans hésitation possible, a été notre balade en bateau zodiaque avec Algarve Discovery, au départ de Portimão. Direction la Gruta de Benagil, ce dôme naturel ouvert sur le ciel qui orne depuis des années les fonds d’écran Windows et les comptes Instagram du monde entier. La voir en vrai, depuis un petit bateau qui se faufile entre les falaises dorées, procure une émotion que les photos ne rendent jamais complètement. Notre fils, les yeux écarquillés à chaque nouvelle crique découverte, garde ce moment comme l’un de ses souvenirs préférés du voyage – et honnêtement, les nôtres aussi.

Intérieur de la grotte de Benagil en Algarve, dôme naturel ouvert sur le ciel, vu depuis un bateau

Faro, Ferragudo et la légende de l’eau glaciale

Nous avons également visité Faro et sa plage, une étendue magnifique de sable fin. Une légende locale prétend que l’eau y est particulièrement froide – tout le monde nous l’avait annoncé avant notre arrivée. Nous avons été agréablement surpris : la température devait plutôt tourner autour de 22 à 24 degrés, largement suffisant pour se baigner sans hésiter.

À Ferragudo, petite ville aux ruelles paisibles et aux maisons blanchies à la chaux, nous avons profité d’un déjeuner dans un petit restaurant de snacking en bord de mer, simple et convivial. Le genre de pause qui n’a pas besoin d’étoiles pour marquer un séjour.

Notre fils garde ce moment comme l’un de ses souvenirs préférés du voyage – et honnêtement, les nôtres aussi.

Le retour : une dernière nuit stratégique à Lisbonne

Pour ne pas prendre de risque avec notre vol retour, nous avons quitté l’Algarve le 7 août afin de passer une dernière nuit à Lisbonne, dans un hôtel proche de l’aéroport. Une façon de clore ce Portugal en famille sur une note sereine. Le lendemain, 8 août, nous avons rendu notre voiture de location directement à l’agence Europcar de l’aéroport, avant d’embarquer pour notre vol retour vers Nantes.

FAQ : Portugal en famille, Lisbonne et Algarve

Combien de jours prévoir pour un voyage Lisbonne – Algarve en famille ?

Pour un Portugal en famille réussi entre Lisbonne et l’Algarve, nous avons fonctionné sur huit jours : trois à Lisbonne (avec l’excursion à Sintra), cinq en Algarve à Olhão. C’est un bon équilibre entre visites culturelles et détente en bord de mer, adapté à un enfant de huit ans comme à un grand ado.

Faut-il louer une voiture pour ce voyage ?

À Lisbonne, non – tout se fait à pied ou en Uber ponctuellement pour les soirs de grande fatigue. En Algarve en revanche, la voiture est indispensable, même pour circuler à l’intérieur d’une ville comme Olhão.

La balade en bateau vers la grotte de Benagil est-elle adaptée aux enfants ?

Oui, notre fils de huit ans a adoré cette sortie en zodiaque avec Algarve Discovery au départ de Portimão. C’est un moment fort du séjour, à réserver à l’avance en haute saison.

Où manger les meilleurs pastéis de nata à Lisbonne sans faire la queue ?

âtisserie de Belém, privilégiez la grande salle intérieure plutôt que la file d’attente extérieure. Le service y est nettement plus rapide, et l’ambiance plus authentique.

Vous avez déjà exploré le Portugal en famille, ou vous préparez un séjour similaire ? Racontez-nous vos incontournables en commentaire.